Il n’existe aucune preuve pour affirmer que le café favoriserait le cancer

Dans une évaluation rendue publique mercredi 15 juin, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), qui dépend de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), estime qu’il n’y a pas de preuves que boire du café favorise le développement de tumeurs malignes, mais estime que les boissons consommées à une température supérieure ou égale à 65 °C sont « probablement cancérogènes pour les humains ».

« Nous avons analysé un millier d’études, dont 500 études épidémiologiques, a expliqué le Dr Dana Loomis, chef adjoint des réunions d’experts du CIRC. Et nous n’avons pas trouvé d’éléments probants en faveur d’un caractère cancérogène du café. Cela nous a conduit à classer cette boisson dans le groupe 3. » Ce groupe rassemble les substances considérées comme inclassables quant à leur cancérogénicité. La précédente évaluation par le CIRC du café remontait à quinze ans et avait conduit à la classer dans le groupe 2B, « possible cancérogène ».

Boissons chaudes « probablement cancérogènes »

Les études analysées portaient sur une vingtaine de cancers, notamment ceux du sein chez la femme, du pancréas, de la prostate, de l’endomètre (corps de l’utérus) et du foie. En ce qui concerne les deux derniers, certaines études ont même mis en évidence une « association inverse », les consommateurs de café ayant un risque plus faible que les personnes qui n’en boivent pas, mais le responsable des « monographies » (évaluations) du CIRC, le Dr Kurt Straif, a précisé qu’il n’était pas possible d’en tirer des conclusions définitives sur un éventuel effet protecteur de la consommation de café.

Le CIRC a également analysé la littérature scientifique disponible sur le maté, une infusion traditionnelle d’une herbe (Ilex paraguariensis), traditionnellement consommée chaude en Amérique latine. En 1991, le maté avait été classé comme « probablement cancérogène pour les humains » (groupe 2 A). Là encore, le CIRC a révisé à la baisse ce classement et a placé le maté dans le groupe 3 (inclassable quant à sa cancérogénicité) lorsqu’il est consommé pas trop chaud (moins de 65 °C).

En revanche, il considère que toutes les boissons chaudes (plus de 65 °C), sont « probablement cancérogènes pour les humains » (groupe 2A). Elles favoriseraient le cancer de l’œsophage. Le mécanisme n’en est pas totalement éclairci, mais les liquides très chauds pourraient endommager les cellules et favoriser ainsi un processus tumoral ultérieur.

Avis à forte résonance

Le CIRC, qui fait partie de l’OMS, a pour mission d’« identifier les causes du cancer, qui permettront d’adopter des mesures préventives afin de réduire le fardeau et les souffrances liés à la maladie ». Les programmes des monographies – évaluations de substances – est un élément central de son activité. Depuis 1971, « plus de 900 agents ont été evalués parmi lesquels plus que 400 ont été classés comme étant cancérogènes ou potentiellement cancérogènes pour l’homme ». Le CIRC s’appuye sur des groupes de travail interdisciplinaires, composés d’experts tenus à des déclarations d’intérêts.

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